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Sécurité des jouets : DPP obligatoire dès août 2030

Le règlement UE sur la sécurité des jouets impose un DPP obligatoire dès le 1er août 2030. Ce qui change et comment se préparer.

· 8 min de lecture · InfoDPP

Le DPP des jouets est désormais une obligation confirmée

Le règlement (UE) 2025/2509 relatif à la sécurité des jouets est entré en vigueur le 1er janvier 2026 et rend le Passeport Numérique de Produit obligatoire pour les jouets mis sur le marché de l’UE à partir du 1er août 2030.

Notre article Jouets & DPP : documentation de sécurité et préparation des données produit présente le versant opérationnel de la préparation des dossiers de sécurité, des données produit et de la traçabilité pour cette obligation.

Le DPP des jouets n’est plus un scénario à surveiller. La base juridique, la date d’application et la logique minimale du passeport sont déjà fixées. Le travail qui reste concerne désormais les données, les processus et les systèmes.

Ce que le règlement (UE) 2025/2509 confirme réellement

Il ne s’agit pas d’un simple sujet en attente d’un acte délégué ESPR, mais d’un règlement sectoriel autonome avec son propre chapitre DPP.

L’article 19 impose au fabricant de créer un passeport numérique de produit avant la mise sur le marché du jouet. Ce passeport :

  • correspond par défaut, au titre de l’article 19, paragraphe 2, point a, à un modèle de jouet spécifique, tout en laissant, via l’article 19, paragraphe 9, une place à un autre niveau si un autre acte du droit de l’Union l’exige ;
  • contient au minimum les données obligatoires prévues à l’annexe VI, partie I ;
  • est relié, via un support de données comme un QR code, à un identifiant produit unique et persistant ;
  • doit être exact, complet, à jour et disponible dans la ou les langues requises sur le marché concerné ;
  • doit rester disponible pendant 10 ans après la mise sur le marché du jouet.

Les considérants 54 et 58, lus avec l’article 19, paragraphes 5 et 6, renforcent aussi la logique de déclaration : dans le régime des jouets, le DPP reprend la fonction de la déclaration de conformité, et lorsqu’il contient tous les éléments nécessaires, il peut également servir à remplir des obligations déclaratives prévues par d’autres actes de droit de l’Union applicables.

L’ESPR reste importante sur le plan technique : le passeport jouet reprend la même logique pour les identifiants, l’interconnexion au registre et les supports de données, mais le déclencheur juridique vient du règlement jouets lui-même et non d’un futur acte délégué ESPR.

Dates clés

DateSignification
1er janv. 2026Entrée en vigueur du règlement (UE) 2025/2509
2026–2029Actes délégués au titre de l’article 49 et préparation des identifiants, supports de données, liens avec le registre et processus de conformité
1er août 2030Le DPP devient obligatoire pour les jouets mis sur le marché de l’UE

L’annexe VI fixe la couche minimale du passeport

La partie I de l’annexe VI définit la couche minimale obligatoire du DPP. Elle est plus étroite et plus précise qu’un dossier technique complet. Au minimum, le DPP d’un jouet doit contenir :

  • l’identifiant produit unique du jouet ;
  • le nom et l’adresse du fabricant et, le cas échéant, du mandataire, avec les identifiants uniques d’opérateur ;
  • le nom et l’adresse de l’opérateur économique chargé des tâches prévues à l’article 4 du règlement (UE) 2019/1020 ;
  • une déclaration indiquant que le passeport est établi sous la seule responsabilité du fabricant ;
  • l’objet du passeport, y compris une image en couleur permettant d’identifier le jouet ;
  • le code marchandise, lorsqu’il est pertinent ;
  • les références aux textes de l’Union applicables, aux normes harmonisées ou spécifications communes pertinentes et, le cas échéant, le numéro de l’organisme notifié et la référence du certificat ;
  • le marquage CE ;
  • les allergènes de parfum soumis à des obligations spécifiques d’étiquetage ;
  • le canal de communication prévu à l’article 7, paragraphe 12, et la référence du prestataire hébergeant la copie de sauvegarde.

La partie II de l’annexe VI peut en plus inclure les informations de sécurité, les avertissements et les instructions d’utilisation. Cette distinction est importante : la couche obligatoire du passeport n’est pas l’équivalent de la publication du dossier de sécurité complet.

Ce qui doit rester sur le jouet, l’étiquette, l’emballage ou la notice

Le règlement autorise un appui numérique, mais ne transforme pas la conformité des jouets en dispositif uniquement numérique.

Le considérant 32 et l’article 6, paragraphe 3, précisent que les avertissements doivent toujours figurer sur le jouet, sur une étiquette apposée ou sur l’emballage et être visibles avant l’achat, y compris en vente à distance. L’article 7, paragraphes 7 et 8, maintient aussi l’obligation d’accompagner le jouet d’instructions d’utilisation et d’informations de sécurité dans la ou les langues exigées par l’État membre concerné.

En pratique, le DPP peut contenir une copie numérique ou des explications supplémentaires, mais il ne remplace pas la couche physique des avertissements et des notices.

La sécurité chimique est centrale, mais toute la couche chimique ne devient pas publique

Le régime jouets ne porte pas uniquement sur un support de données. Le règlement durcit aussi le socle chimique de conformité que les fabricants doivent démontrer dans le système DPP et dans la documentation technique sous-jacente.

Parmi les points clés :

  • les interdictions générales de l’annexe II, partie III, point 4, visant les substances CMR, les perturbateurs endocriniens, les substances toxiques pour certains organes cibles, les sensibilisants respiratoires et certains sensibilisants cutanés ;
  • l’interdiction de l’utilisation intentionnelle de PFAS dans les jouets, composants de jouets et parties micro-structurellement distinctes ;
  • l’interdiction des bisphénols listés dans l’appendice de l’annexe II, avec en plus une limite de migration du bisphénol A à 0,005 mg/l ;
  • les règles sur les allergènes de parfum, selon lesquelles certains allergènes au-dessus de 10 mg/kg doivent être nommés sur le jouet, l’étiquette, l’emballage ou une notice, ainsi que dans le DPP ;
  • l’obligation distincte de communication au titre de REACH pour les SVHC au-delà de 0,1 % m/m, lorsqu’elle s’applique.

C’est précisément sur ce point que les résumés antérieurs avaient tendance à être trop plats. Certaines informations sur les substances destinées au consommateur figurent explicitement dans le passeport, mais l’essentiel des preuves de laboratoire, des données de composition, des certificats fournisseurs et des dossiers d’évaluation de la sécurité reste dans la couche technique et dans la couche destinée aux autorités, pas dans l’affichage public complet.

Couche publique, couche pour les autorités et surveillance du marché

L’article 19, paragraphe 2, point f, relie l’accès au passeport aux actes délégués prévus à l’article 49. Le règlement décrit déjà l’architecture d’accès : consommateurs et autres utilisateurs finaux, autorités de surveillance du marché, autorités douanières, organismes notifiés, Commission et autres opérateurs économiques ne verront pas nécessairement le même niveau d’information.

Cela a des conséquences opérationnelles directes :

  • les consommateurs doivent avoir un accès direct aux informations pertinentes sur le jouet via le support de données ;
  • les autorités de surveillance du marché et les douanes utilisent le DPP et le registre pour leurs contrôles, y compris la gestion des risques aux frontières ;
  • l’opérateur économique qui met le jouet sur le marché doit transmettre au registre l’identifiant produit unique et l’identifiant unique d’opérateur, ainsi que le code marchandise lorsque cela est nécessaire pour les contrôles douaniers ;
  • les distributeurs et places de marché en ligne ont besoin d’une copie numérique du support de données ou de l’identifiant produit afin que l’acheteur potentiel puisse consulter le passeport avant l’achat ;
  • lors de l’ouverture du DPP, un lien vers la section pertinente de Safety Gate pour le signalement des jouets à risque doit être affiché.

Pour cette raison, sécurité chimique, traçabilité, vente en ligne et surveillance du marché doivent être traitées comme un même paquet de mise en œuvre et non comme des chantiers isolés.

Ce que les entreprises du jouet doivent faire maintenant

  1. Cartographier les modèles de jouets, les différenciations pertinentes par lot, les identifiants persistants et la stratégie de support de données pour le produit, l’étiquette et l’emballage.
  2. Reconfigurer le processus de déclaration autour du DPP, car le passeport jouet n’est plus une simple page d’information ; il assume des fonctions juridiques de conformité.
  3. Structurer dès maintenant les preuves chimiques : PFAS, bisphénols, allergènes de parfum, communication REACH/SVHC, rapports d’essais, déclarations fournisseurs et résultats d’évaluation de sécurité.
  4. Séparer la couche publique du passeport du dossier technique destiné aux autorités au lieu de supposer un jeu de données unique et plat.
  5. Préparer les processus de vente à distance, de marketplace et de douane pour que l’identifiant ou le lien vers le passeport soit disponible avant l’achat et lors des contrôles aux frontières.

Ce que ce règlement ne signifie pas

Pour éviter les contresens fréquents :

  • il ne s’agit pas d’un acte délégué ESPR en attente de confirmation ultérieure ;
  • il ne signifie pas que toutes les données chimiques, fournisseurs ou de laboratoire deviennent publiques ;
  • il ne supprime pas la nécessité d’avertissements, d’étiquetages et de notices physiques ;
  • il ne tranche pas encore définitivement que chaque passeport jouet restera en pratique uniquement au niveau du modèle ; l’article 19 part d’un modèle de jouet spécifique, mais l’article 19, paragraphe 9, laisse la place à un autre niveau si un autre acte du droit de l’Union l’exige.

Pour aller plus loin

Sources officielles


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