Codes QR DPP sur les étiquettes : guide pratique 2026
Guide pratique des codes QR pour le DPP : emplacement, durabilité, URL et pourquoi le code QR ne suffit pas à lui seul.
Mise à jour du 16 juillet 2026 : les références d’EN 18219 et d’EN 18220 (avec quatre autres normes DPP horizontales) sont désormais au Journal officiel grâce à la décision (UE) 2026/1736. La décision ne rend pas le code QR obligatoire dans tous les secteurs et ne remplace pas les règles sectorielles de placement et de format du support de données. Ce que couvre la décision →
Mise en œuvre pour les batteries, situation au 9 octobre 2026. Le guide du registre v1.03 du 16 septembre prévoit un identifiant produit sous forme d’adresse https au format JTC 24, limité à 2000 caractères. L’identifiant du support et les données d’enregistrement doivent correspondre. Le constat d’un catalogue sémantique des batteries manquant concerne cette version du guide, pas la disponibilité actuelle. Le webinaire du 30 septembre annonce d’autres spécifications pour les batteries. Guide du registre v1.03.
Pourquoi les codes QR comptent dans un projet DPP
Pour la plupart des fabricants, la partie visible d’un projet de passeport numérique de produit est un support de données, souvent un code QR. Selon la règle sectorielle, il peut se trouver sur le produit, sur une étiquette apposée, sur l’emballage ou dans la documentation jointe. C’est la partie que voient réellement les clients, auditeurs, distributeurs ou recycleurs.
Mais une distinction réglementaire est essentielle :
Un code QR est un support de données, pas l’intégralité du passeport numérique de produit.
Autrement dit, le simple fait d’apposer un code QR ou un autre support de données n’équivaut pas, à lui seul, au respect complet de l’obligation DPP. Le code doit renvoyer vers un enregistrement numérique opérationnel, appuyé sur le bon identifiant et sur les données produit requises.
Ce que prévoient les règles applicables
Dans le cadre de l’ESPR et des règles sectorielles associées, il faut distinguer trois éléments :
- le produit peut nécessiter un support de données,
- ce support doit conduire à l’information numérique pertinente,
- le DPP lui-même est le dossier numérique structuré auquel ce support donne accès.
Donc, lorsque les entreprises demandent : « un code QR suffit-il ? », la réponse correcte est généralement : non, pas un code QR seul.
Le code QR permet d’accéder au passeport. Il faut aussi déterminer comment attribuer les identifiants des produits, vérifier la qualité des données et les stocker. Précisez également qui est responsable de leur mise à jour.
À quoi ressemble une bonne configuration QR pour le DPP
En pratique, une mise en œuvre solide comporte souvent quatre couches :
- L’identifiant : par exemple GTIN, plus lot ou numéro de série si nécessaire
- L’URL : le lien encodé dans le code QR
- Le service de résolution ou point d’entrée : le service qui traite la demande et l’oriente vers la bonne ressource
- Les données du passeport : l’information produit réellement située derrière le lien
Si l’une de ces couches manque, le code QR peut être scannable, mais le processus de conformité reste incomplet.
Les normes de support de données (EN 18220 / EN 18219)
EN 18220 concerne les supports de données et EN 18219 les identifiants uniques ; leurs références ont été publiées par la décision (UE) 2026/1736.
Un projet distinct modifie les références pour les batteries
La diapositive 8 du webinaire batteries du 30 septembre décrit un projet d’acte délégué qui citerait EN 18220:2026 pour les codes QR et EN 18219:2026 pour les identifiants uniques, ou des normes équivalentes, à l’article 77, paragraphe 3. Selon la présentation, le projet a été publié pour consultation le 29 septembre ; l’adoption et la publication de l’acte sont envisagées en 2027. Ces dates décrivent un projet et un calendrier, pas une modification déjà en vigueur.
Le projet fait partie d’un acte relatif aux performances et à la durabilité des batteries industrielles, mais la modification proposée concerne la disposition d’identification des passeports batteries. Elle ne crée pas une nouvelle obligation de passeport limitée aux batteries industrielles et ne change pas tous les passeports produits. L’article 77, paragraphe 3, renvoie actuellement à la série ISO/IEC 15459 ou à des normes équivalentes.
Dans les spécifications et les contrats concernant les batteries, distinguez les normes auxquelles renvoient les règles actuelles des références proposées dans le projet de modification. La présomption de conformité prévue par la décision (UE) 2026/1736 concerne uniquement les exigences de l’ESPR couvertes par ces normes. La décision ne modifie pas le règlement relatif aux batteries.
Où doit mener le code QR
Le code QR contient généralement une adresse URL, par exemple :
https://resolver.example.com/01/05901234123457
Cette URL peut ensuite mener à :
- une page de passeport lisible par l’utilisateur,
- une réponse lisible par machine,
- ou une couche intermédiaire qui décide quel affichage ou quel format renvoyer.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’architecture des URL est si importante dans les projets DPP : une fois le code imprimé sur l’emballage, changer le lien devient coûteux.
Règles pratiques d’étiquetage pour 2026
Les exigences exactes peuvent varier selon les secteurs, mais les fabricants qui préparent déjà leurs étiquettes DPP devraient travailler au minimum avec ces critères :
1. Vérifier la lisibilité du code en conditions réelles
Le code QR doit rester lisible dans les environnements où le produit est vendu, utilisé, réparé ou trié pour recyclage.
Vérifiez au moins :
- le contraste d’impression,
- la taille physique,
- la zone de silence autour du code,
- l’emplacement sur surface plane ou courbe,
- la fiabilité du scan avec un smartphone ordinaire.
2. Choisir un emplacement durable
Un code d’accès DPP ne devrait pas disparaître après une usure minimale si la catégorie de produit suppose une durée d’usage plus longue.
Il faut tenir compte de :
- l’abrasion,
- l’humidité,
- la chaleur,
- les plis ou froissements,
- la compatibilité avec le matériau support.
3. Éviter les URL instables
N’imprimez pas de liens expérimentaux qui devront être remplacés après lancement. L’adresse encodée doit rester accessible après un changement de système ou de fournisseur.
4. Tester auprès de plusieurs parties prenantes
Un code qui fonctionne au bureau d’études peut encore échouer en entrepôt, en magasin, en SAV ou après le transport.
Produit, emballage ou documentation ?
Le bon emplacement juridique peut dépendre des règles applicables à la catégorie de produit, mais du point de vue pratique on retrouve souvent quatre options :
- sur le produit lui-même : idéal pour un accès durable, si cela est physiquement possible,
- sur une étiquette apposée : utile lorsque le produit ne peut pas être marqué directement,
- sur l’emballage : plus facile à imprimer, mais pouvant disparaître après achat,
- sur la documentation jointe : utile comme solution de secours, mais souvent moins pratique.
La bonne réponse dépend de la catégorie de produit. Il ne faut pas généraliser une même règle à tous les secteurs.
Erreurs fréquentes des fabricants
Erreur 1 : traiter le code QR comme l’ensemble du projet conformité
Un code QR n’est utile que s’il permet d’accéder à un dossier numérique fiable.
Erreur 2 : utiliser une URL de campagne à court terme
Les liens marketing changent. Les liens imprimés pour la conformité doivent être pensés pour durer.
Erreur 3 : ignorer la structure d’identification
Si l’URL ne repose pas sur un modèle d’identification produit stable, la montée en charge devient difficile.
Erreur 4 : imprimer avant de tester
De petits problèmes de contraste, de laminage, de taille ou de placement peuvent empêcher une lecture fiable du code.
Erreur 5 : supposer qu’un seul modèle d’étiquette convient à tous les marchés
Langue, pratiques d’emballage et conditions d’usage varient selon les marchés et les secteurs.
Ce qu’il faut tester avant l’impression à grande échelle
Avant de valider un tirage complet, testez :
- la vitesse de scan sur iPhone et Android,
- la lisibilité en forte et faible luminosité,
- le comportement après les contraintes de transport,
- l’ouverture correcte de l’URL à chaque fois,
- la présence des bonnes informations de passeport sur la page cible,
- le bon fonctionnement de la logique lot / série lorsqu’elle s’applique.
Une fois le code imprimé, la stabilité du lien devient essentielle : corriger une erreur est plus simple avant l’impression qu’après la diffusion des produits.
Un processus sûr pour 2026
Vous pouvez préparer les étiquettes dans l’ordre suivant :
- définir la structure des identifiants,
- créer le dossier du passeport ou une version pilote,
- générer l’URL finale,
- tester le code QR dans de vraies conditions d’impression,
- valider la maquette finale seulement après validation technique,
- documenter qui sera responsable des futures mises à jour.
Cette séquence réduit le risque de lancer un code qui fonctionne en apparence mais échoue sur le plan opérationnel.
Le code QR et l’ensemble des obligations du DPP
C’est le message essentiel en matière de conformité :
- code QR = support de données visible,
- URL = chemin d’accès,
- dossier numérique = contenu du passeport,
- gouvernance = maintien de la conformité dans le temps.
Il faut toute la chaîne, pas seulement le carré sur le produit, l’étiquette ou l’emballage.
À lire ensuite
- GS1 Digital Link et identifiants produits
- Créer un passeport numérique de produit
- Normes DPP et références proposées pour les batteries
Sources officielles
- Règlement ESPR (UE) 2024/1781
- Mises à jour d’application de la Commission
- Présentation de GS1 Digital Link
- DPP Registry: User Guide v1.03
- GS1 Digital Link: URI Syntax
- (EU) 2026/1736
- (EU) 2023/1542: Article 77
- Présentation DG GROW sur les batteries, 30 septembre 2026
- Projet relatif aux batteries, Ares(2026)9188325, article 2
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