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ESPR, règlement sur les batteries et CBAM

Guide pratique pour comprendre l'ESPR, le règlement sur les batteries, le CBAM et la CSDDD, leurs différences et les données à préparer.

· 12 min de lecture · InfoDPP

Pourquoi ces règles européennes sont si souvent confondues

Dans les échanges sur la conformité, les mêmes sigles reviennent sans cesse : ESPR, règlement sur les batteries, CBAM et, de plus en plus, CSDDD. C’est logique, car tous appartiennent au paysage plus large des politiques européennes sur les chaînes d’approvisionnement, les produits et la durabilité.

Mais ils ne remplissent pas la même fonction.

Les confondre conduit vite à mal comprendre les échéances, les données à préparer et même l’entité réellement responsable.

Ce guide clarifie le lien entre ces quatre textes et montre quelle logique de préparation reste la plus sûre en 2026.

La version courte

La distinction la plus simple est la suivante :

  • ESPR est le cadre large qui crée la base juridique des futurs passeports numériques de produit pour de nombreuses catégories
  • le règlement sur les batteries est un texte sectoriel qui comporte déjà des obligations concrètes de type passeport pour certaines batteries
  • CBAM est un mécanisme carbone aux frontières centré sur le reporting des émissions incorporées pour certains biens importés (comme le fer et l’acier, l’aluminium, le ciment, les engrais, l’électricité et l’hydrogène)
  • CSDDD est une directive sur le devoir de vigilance des entreprises visant à identifier et atténuer les risques environnementaux et sociaux dans les chaînes d’approvisionnement mondiales

La manière la plus simple de les retenir est donc :

  • ESPR = cadre technique des futurs passeports produit
  • règlement sur les batteries = premier cas concret d’obligation de type DPP dans un secteur précis
  • CBAM = régime de reporting carbone à l’importation
  • CSDDD = obligation de cartographie de la chaîne d’approvisionnement pour les grandes entreprises

Ce que fait réellement l’ESPR

Le règlement ESPR (UE) 2024/1781 est le cadre général derrière une grande partie des discussions actuelles sur le DPP.

Il est important parce qu’il :

  • établit le concept juridique et l’architecture du passeport numérique produit
  • crée un système d’actes délégués par catégorie de produits
  • relie les exigences produit à la durabilité, à la circularité et à la surveillance du marché
  • prépare les exigences relatives aux identifiants, aux supports de données et à l’accès à l’information

Ce que l’ESPR ne fait pas à lui seul : il ne crée pas instantanément une obligation DPP identique pour tous les secteurs à la même date.

Le cadre est large, mais les exigences détaillées arrivent catégorie par catégorie.

Ce que fait le règlement sur les batteries

Le règlement sur les batteries (UE) 2023/1542 est différent car il est déjà bien plus concret au niveau sectoriel.

Il compte parce qu’il :

  • fixe des règles contraignantes spécifiques aux batteries
  • contient une logique de passeport batterie pour les catégories concernées
  • crée un jalon opérationnel réel au 18 février 2027 pour les obligations de passeport dans le périmètre visé
  • exige des données sectorielles plus détaillées sur la durabilité, la performance et le cycle de vie

C’est pourquoi les batteries sont souvent présentées comme le premier grand cas d’usage DPP dans l’UE.

Cela ne veut pas dire que cette date s’applique automatiquement à toutes les batteries. Le périmètre reste décisif.

Ce que fait le CBAM

Le mécanisme CBAM, règlement (UE) 2023/956, relève encore d’une autre logique réglementaire.

Il se concentre sur :

  • les biens importés dans certains secteurs
  • le reporting des émissions incorporées
  • la responsabilité douanière et commerciale
  • la qualité des données carbone et des justificatifs associés

Le CBAM couvre six secteurs : fer et acier, aluminium, ciment, engrais, électricité et hydrogène.

Il ne crée pas à lui seul un passeport numérique produit. En revanche, il pousse déjà les entreprises à construire certaines capacités de données qui pourront aussi servir à la préparation DPP, notamment autour des preuves d’émissions, des données fournisseurs et de la traçabilité.

Le CBAM a été modifié en 2025 par le règlement (UE) 2025/2083 (amendement Omnibus CBAM), entré en vigueur en octobre 2025 et aligné sur le début du régime CBAM plein à compter du 1er janvier 2026 (fin de la période transitoire). Parmi les principales modifications figure une nouvelle exemption de minimis à l’article 2a — un importateur est hors champ pour une année civile donnée lorsque la masse nette cumulée des marchandises CBAM importées ne dépasse pas 50 tonnes (annexe VII), agrégée sur l’ensemble des codes NC et mesurée par importateur et par année civile. L’article 2a(4) exclut expressément l’électricité et l’hydrogène de ce mécanisme de minimis. En pratique, cela fait sortir de nombreux importateurs à faible volume des obligations CBAM, mais le critère déclencheur reste le seuil de masse, et non une catégorie de taille d’entreprise.

Ce que fait la CSDDD

La Directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD), directive (UE) 2024/1760, aborde la chaîne d’approvisionnement sous l’angle de la responsabilité des entreprises, plutôt que sous l’angle du produit lui-même.

Elle se concentre sur :

  • la cartographie des chaînes d’approvisionnement mondiales pour identifier les risques environnementaux et humains
  • la mise en place de mesures préventives et correctives
  • le reporting public sur les efforts de diligence raisonnable

Alors que l’ESPR exige de savoir de quoi un produit est composé (données techniques), la CSDDD exige de savoir qui l’a fabriqué et (données fournisseurs). Étant donné que les futurs Passeports Numériques de Produit exigeront très probablement des informations sur l’origine et les fournisseurs, la CSDDD peut devenir un moteur juridique important poussant les entreprises à cartographier les différents niveaux de leur chaîne d’approvisionnement. Si une entreprise collecte des données fournisseurs pour se conformer à la CSDDD à partir de 2029, ces données peuvent constituer une partie critique du socle nécessaire aux futurs passeports produit, mais pas l’ensemble des données techniques au niveau produit.

Où ces règles se rejoignent

Même si elles sont différentes, ces quatre règles se rejoignent dans la pratique sur cinq points.

1. Données produit structurées

Ensemble, elles augmentent la pression pour organiser les informations produit, fournisseur et conformité de manière auditable et réutilisable.

2. Opérateur économique responsable

Toutes obligent les entreprises à clarifier quelle entité juridique est responsable du produit, du flux d’importation ou du processus de vigilance, et qui détient les dossiers justificatifs.

3. Justificatifs et documentation

Qu’il s’agisse de durabilité produit, de performance batterie ou d’émissions incorporées, la question centrale est souvent la même : l’entreprise peut-elle prouver ses données et les maintenir à jour ?

4. Pression sur la traçabilité

Ensemble, elles valorisent des liens plus solides entre produit, fournisseur, lot et documents de preuve, même si chaque texte le fait pour des raisons différentes.

5. Gouvernance transversale

La conformité n’est plus seulement un sujet juridique. Produit, achats, durabilité, IT, opérations et commerce participent désormais au même flux.

Là où les différences sont les plus nettes

Les différences comptent autant que les recouvrements.

CadreFocus principalPression type sur l’opérateurAccent donnéesLogique temporelle
ESPRCadre de durabilité produitFabricants, importateurs, distributeursIdentité produit, durabilité, circularité, architecture DPP futureProgressif et par catégorie
Règlement batteriesConformité sectorielle batteriesFabricants de batteries, importateurs, intégrateursDonnées du passeport batterie, cycle de vie, performance, durabilitéJalonnement concret selon le périmètre à partir de fév. 2027
CBAMReporting carbone aux frontièresImportateurs de biens couvertsÉmissions incorporées, preuves fournisseurs, reporting commercialDéjà opérationnel par étapes
CSDDDDevoir de vigilance dans la chaîne d’approvisionnementGrandes entreprises (et leurs fournisseurs PME)Identité fournisseurs, emplacements, risques sociaux/environnementauxPar étapes à partir de juillet 2029 (après modification*)
* Directive (UE) 2026/470 est un paquet de simplification qui a modifié la CSDDD en relevant les seuils de taille d’entreprise et en unifiant la date de début de conformité à juillet 2029.

Ce tableau suffit souvent à éviter l’erreur d’interprétation la plus fréquente.

L’erreur la plus courante

L’erreur la plus courante consiste à croire que ces quatre règles créent la même obligation sous des noms différents.

Ce n’est pas le cas.

Par exemple :

  • un fabricant de batteries peut être sur une trajectoire de préparation beaucoup plus concrète qu’une marque textile encore dans l’attente de règles sectorielles ESPR
  • un importateur d’acier peut déjà subir une forte pression CBAM alors qu’un acte DPP spécifique aux métaux n’est pas encore finalisé
  • un fabricant généraliste peut devoir se préparer à l’ESPR sans disposer encore d’une date sectorielle confirmée

La bonne question n’est donc pas : « quelle est la vraie règle ? ». La bonne question est : quelle partie de notre portefeuille est touchée par quel instrument, et quelle base de données peut en servir plusieurs à la fois ?

Un modèle de travail sûr pour 2026

Un modèle pratique ressemble à ceci.

Utiliser l’ESPR comme carte stratégique

Considérez l’ESPR comme le cadre qui montre où pourront émerger les futures obligations DPP.

Utiliser le règlement sur les batteries comme exemple DPP le plus concret

Si votre entreprise touche des batteries dans le périmètre, traitez cela comme une vraie échéance opérationnelle et non comme un simple signal de marché.

Utiliser le CBAM comme moteur de discipline data

Si vous importez des matériaux couverts, utilisez le travail CBAM pour améliorer vos preuves d’émissions, vos flux fournisseurs et vos enregistrements structurés, qui pourront ensuite soutenir une transparence produit plus large.

Ce que les entreprises devraient faire ensuite

La plupart des entreprises devraient déjà avancer sur quatre points.

1. Cartographier les règles par ligne produit

Ne demandez pas si l’entreprise est « dans le DPP » en général. Demandez quelles lignes produit relèvent de quel instrument.

2. Séparer les obligations confirmées du travail de préparation

Cela évite de survendre des échéances tout en permettant de lancer tôt le nettoyage du socle de données.

3. Construire des couches de données réutilisables

Identifiants, données opérateur, composition, données durabilité et gouvernance des preuves doivent servir à plusieurs workflows de conformité.

4. Choisir un pilote là où le signal est le plus fort

Pour beaucoup d’entreprises, cela signifie batteries d’abord, ou métaux là où le CBAM impose déjà plus de discipline de reporting.

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Sources officielles


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